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Admettons-le, le sextoy non-genré est une idée débile !

Baptisé « Enby », de l’acronyme anglais « NB », pour « non-binary », la chose revendique le titre de premier sextoy non-genré au monde. En outre, elle offre la possibilité aux personnes non-binaires de pouvoir elles aussi jouir d’un marketing qui pense à elles. On n’arrête pas le progrès.

Allons tout de même un peu plus loin. Il n’y a rien de mal à se concevoir homme, femme, non-binaire, genderfluid, ou toute autre nuance que j’aime mieux ne pas écorcher, et ce, quelle que soit son assignation sexuelle biologique. Ça n’explique en rien ce qu’est ce bidule que les génies de la firme Wild Flower tentent de nous faire passer pour un sextoy à 75 $ pièce. Ni vaginette, ni godemichet, le machin permettrait de stimuler les organes femelles par la vibration qu’il procure, tout comme les organes mâles, en s’entourant le pénis avec. Parce qu’il ne faudrait surtout pas que dans son intimité, au cœur de sa sphère la plus privée, l’accessoire de plaisir que l’on utilise se montre oppressif vis-à-vis d’un quelconque genre qui ne s’y reconnaîtrait pas.

Excusez-moi, mais, heu… Pardon ?! Le progrès fulgurant en matière de jouets sexuels permet aujourd’hui de profiter d’objets spécialement conçus pour épouser parfaitement l’anatomie de son ou sa propriétaire, que lui ou elle ait eu la chance ou la malchance de naître avec un pénis ou un vagin. Mieux, une bonne part d’entre eux a même abandonné les représentations phalliques et vulvaires au profit de designs plus fantaisistes les uns que les autres. Mais, nous explique tranquillement Wild Flower à travers un spot qui pue le « gender free washing » à des kilomètres, ces sextoys seraient inadaptés aux personnes aux identités sexuelles alternatives qui, c’est bien connu, ont des zones érogènes non-binaires elles aussi. C’est moi, ou on frôle la discrimination ?

Après les rasoirs roses, vendus aux bonnes femmes douze fois le prix d’un Bic, et les crèmes de jour au carbone très viril qu’on refourgue aux macho men, le business de la com’ nous prouve qu’il vient enfin d’aboutir à un marketing ciblé adressé au troisième sexe. Vous êtes prié(e)s de vous réjouir…

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