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Portrait : Rocco Siffredi, par-delà le hard

Rocco Siffredi, le hardeur aux 1500 films, légende vivante du porno mondial, raccroche les gants. Le moment idéal pour retracer, dans un documentaire, les étapes d’un destin exceptionnel qui se confond avec l’histoire du porno de ces trente dernières années.

Les documentaristes Thierry Demaizière (TF1) et Alban Teurlai (France 2, Canal Plus) se présentent avant tout comme des portraitistes. Leur projet initial – filmer une galerie de personnages de l’industrie du porno – a complètement changé d’orientation lorsqu’ils ont rencontré Rocco Siffredi à Budapest. Difficile, en effet, de présenter Rocco à côté d’autres acteurs du milieu, tant l’homme, à 52 ans, est devenu emblématique.

L’intention des réalisateurs ? Dresser le portrait d’un hardeur aux antipodes de tout esprit de gaudriole et de performance. Selon Alban Teurlai, Rocco constitue un sujet avec lequel on peut « toucher à des thèmes plus larges, universels, autour du désir et de la culpabilité. Une sorte de portrait de l’homme moderne ». L’homme moderne idéal, pourrait-on dire, assumant tous les rôles : amant performant et dominant, mais aussi mari, homme d’affaires, père de famille, et fils attentionné.

Thierry Demaizière va beaucoup plus loin. Nuançant ce portrait a priori digne d’une success story, il prête à Rocco une « dimension christique évidente, crucifié aux corps des femmes ». Rocco explique être dominé par les femmes et dépendant de son désir sexuel exacerbé. Pour sa dernière scène, il a même proposé aux réalisateurs de renverser le rapport de forces, devenant à son tour homme-objet, lui à qui on a tant reproché de malmener les femmes… Alban Teurlai aime citer cette phrase de Rocco : « Je suis avant tout un haut – parleur. Mais c’est la femme qui décide du volume ». Les réalisateurs ont voulu insister sur la face cachée de l’étalon : un homme se considérant avant tout comme étant « au service des femmes ».

LA DERNIÈRE SCÈNE

Ce doc a été réalisé à un moment-clé de la carrière de Rocco. Celui-ci a vu, dans ce film, l’opportunité d’arrêter en beauté sa carrière. Sa couronne de roi du porno com-mençait à devenir un peu lourde à porter. Physiquement épuisé, perclus de douleurs, il est aussi assailli de doutes, et n’a jamais réussi à se débarrasser des questionnements liés à sa culture italienne culpabilisante, malgré l’accord de sa mère, puis de sa femme, pour exercer ce métier si particulier. Chez Rocco, le poids de la religion est toujours très présent.

Dans l’un des moments les plus poignants du film, Rocco avoue qu’il n’a jamais réussi à être heureux. Le porno pèse sur sa vie comme une malédiction, comme l’avaient prédit toutes les figures de son petit village des Abruzzes, lorsqu’ils convoquèrent solennellement le tout jeune homme pour lui dire que s’il faisait du porno, il vendait son âme au diable !

FAMILY BUSINESS

Difficile d’évoquer Rocco sans parler de son cousin Gabriele, qui le suit comme une ombre depuis trente ans.

Les réalisateurs se sont amusés à filmer les échanges des deux compères, lorsqu’ils élaborent des scénarii, avec une naïveté souvent confondante. « Le porno a deux visages, explique Alban Teurlai : l’un, dur, extrême, lorsqu’il s’agit des scènes de sexe. L’autre naïf, archaïque, presque enfantin lorsqu’il s’agit des scènes de « comédie ». Le sérieux et l’implication mis par les deux compères pour trouver un scénario et creuser la profondeur psychologique des personnages frôlent parfois le génie. On dirait deux enfants pris dans leurs histoires, qu’ils se racontent au premier degré. Leur cinéma est presque un cinéma des origines : ils jouent, au sens premier du terme.

POLÉMIQUE

Rocco répond à toutes les questions. Y compris celles qui dérangent. Et forcément, la question de la violence dans ses films lui a été posée.

Rocco avoue sans détours qu’il a été « en grande partie responsable d’une certaine mode violente dans le porno, une mode apparue depuis quinze ou vingt ans. » Beaucoup d’acteurs, malheureusement, ont essayé d’imiter Rocco sur ce terrain. Le hardeur nuance cependant : « ces scènes sont toujours en complicité avec la femme, elles répondent à une demande de l’actrice à ce moment-là». Ouf.

Et il ajoute cette phrase définitive : « c’est l’orgasme de la femme qui m’occupe. Il n’y a que ça qui compte. » Et si, finalement, Rocco avait essayé de comprendre, comme aucun autre acteur de cette profession, comment fonctionne le plaisir féminin ?

« Tourner une scène, confie l’étalon, c’est entrer dans le cerveau de la fille, et chercher, chercher, aider à faire remonter les choses, l’amener dans un autre niveau. »

Retrouvez la suite de cet article dans le magazine JACQUIE ET MICHEL MAG N°2

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