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Pourquoi le « kink shaming, » c’est mal ?

Il n’y a pas de déviance, seulement des préférences… Difficilement traduisible, le kink shaming consiste à dénigrer et stigmatiser les fantasmes sexuels et autres délires masturbatoires de son prochain. Et c’est mal ! Pour peu que l’acte sexuel se déroule dans le cadre safe et légal d’un rapport entre adultes consentants, nul ne devrait y mettre son grain de sel.

Après tout, qu’est-ce que ça peut bien faire que votre collègue Thierry aime s’accrocher des pinces aux tétons ou s’introduire des aubergines dans le derrière ? C’est certes improbable, mais est-ce là une raison valable de se moquer du pauvre Titi ? Le sexe, c’est l’intime même. Chacun a, tout au fond de lui-même, quelqu’obscur et inavouable fétichisme qu’il rêve de voir un jour assouvi. Or, norme et société sont des carcans qui, par goût de l’uniformité, conforment les citoyens autour de quelques schémas facilement intelligibles et descriptibles. Hélas, il ne suffit pas de décréter une norme pour qu’elle s’applique. Et c’est encore plus vrai en ce qui concerne les préférences sexuelles.

Le fantasme est ainsi conçu qu’il se nourrit de la frustration. Plus il est condamné, refoulé, plus il devient entêtant, compulsif. Aussi, le kink shaming ne se contente pas de heurter autrui dans ce qu’il chérit de plus privé, il en fait un déviant dont le mal est non seulement anormal, mais surtout pathologique. C’est ainsi que des orientations sexuelles tout à fait légitimes ont longtemps été classées au rang de maladies psychologiques, comme c’était le cas de l’homosexualité, jusque dans la seconde édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-II), en 1973.

Respectons donc les grandes ou petites préférences de chacun en matière de sexe, c’est encore le meilleur moyen de dédramatiser leur gravité virtuelle et, peut-être, de confier les siennes. À bon entendeur…

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