in

SEXO : Le sexe entre femmes, du fantasme au passage à l’acte

La multiplication de scènes les-biennes dans le cinéma tradition-nel (cf. La Vie d’Adèle, Black Swan, Vicky Cristina Barcelona, Mulholland Drive…) comme dans le cinéma pour adultes favorise-t-elle l’affirmation de tendances bisexuelles dans la gent féminine ? Les scènes de sexe entre femmes étant aujourd’hui une des catégories de films les plus recher-chées sur les sites pornographiques, le site Référence-sexe.com a donc souhaité savoir si ces scènes desti-nées à la base à émoustiller un public essentiellement masculin ne répon-daient pas aussi aux fantasmes, voire aux pratiques sexuelles d’un nombre croissant de femmes.

Les chiffres-clés

LA TENDANCE À LA BISEXUALITÉ FÉMININE EST DE PLUS EN PLUS FORTE, MAIS LE PASSAGE DU FANTASME À LA RÉALITÉ RESTE PLUS LIMITÉ

Un quart des filles de moins de 25 ans ont déjà été sexuellement attirées par une autre fille, soit une proportion en hausse continue depuis dix ans : 24 % en 2016, contre 18 % en 2013 et 7 % en 2006. Les femmes dans leur ensemble sont aussi de plus en plus nombreuses à avoir déjà été attirées par une femme : 18 % en 2016, contre 6 % en 2006.

Le passage du fantasme à la réalité reste plus limité (10 % en moyenne chez l’ensemble des Françaises), mais il a progressé aussi de manière significative en 50 ans : 10 % en 2016, contre 4 % en 2006, 3 % en 1992 et 2 % en 1970.

Le fait de franchir le pas n’implique pas pour autant le fait d’admettre son homosexualité : seules 2 % des Françaises se disent lesbiennes et 4 % « bi ». Chez les jeunes, cette proportion est toutefois plus significative : 10 % des filles de moins de 25 ans se définissent comme « bi » ou « lesbiennes », contre à peine 3 % des femmes de 60 ans et plus.

LES CONTACTS ET AUTRES FANTASMES SEXUELS ENTRE FEMMES N’EN SONT PAS MOINS RÉELS NOTAMMENT CHEZ LES JEUNES

Une jeune fille sur deux (45 %) a déjà embrassé une copine sur la bouche, contre à peine 10 % des femmes âgées de 35 ans et plus. S’ils peuvent être anodins – en servant par exemple juste à émoustiller les garçons – ce genre de contacts n’en reste pas moins le signe que l’homosexualité féminine est de plus en plus acceptable socialement dans cette génération.

Une Française sur quatre (24 %) s’est aussi déjà faite draguer par une autre femme, et elles sont une sur trois (32 %) à admettre qu’elles aime-raient connaître un jour ce genre d’expérience de séduction.

Près d’une Française sur cinq (18 %) aimerait bien avoir un rapport sexuel avec une autre femme au moins une fois dans sa vie, cette proportion montant à 21 % chez les filles de moins de 25 ans.

En ce qui concerne les pratiques sexuelles stricto sensu, près d’une sur cinq (19 %) aimerait bien se faire lécher le sexe par une autre femme (22 % chez les filles de moins de 25 ans). Elles sont en revanche moins enclines à des pratiques vaginales (18 %) ou anales (9 %).

Les enseignements de l’enquête

La tendance à la bisexualité féminine apparaît de plus en plus marquée mais le passage du fantasme à la réalité reste plus limité. Au regard des résultats de cette enquête, l’érotisation des rapports entre femmes observée depuis plusieurs années dans différentes formes de productions culturelles (ex : publicité, cinéma…) va de pair avec une plus grande affirmation de tendances bisexuelles dans la gent féminine.

UNE FEMME AVEC UNE FEMME : UN DÉSIR QUI MONTE EN FLÈCHE, NOTAMMENT CHEZ LES JEUNES FILLES…

Aujourd’hui, une jeune fille sur quatre – contre à peine 10 % des garçons du même âge – admet avoir déjà été attirée sexuellement par une autre femme, soit une proportion en hausse continue depuis dix ans : 24 % en 2016, contre 18 % en 2013 et 7 % en 2006. Si l’auto-administration des questions favorise sans doute une plus grande admission de cette attirance, celle-ci ne se limite pas qu’aux plus jeunes. Les femmes dans leur ensemble sont aussi de plus en plus nombreuses à avoir déjà été attirées par une femme : 18 % en 2016, contre 6 % en 2006.

L’ATTIRANCE SEXUELLE POUR UNE AUTRE FEMME

Dans le détail des résultats, on observe que cette disposition à l’homosexualité est non seulement un phénomène générationnel très marqué (23 % des jeunes de moins de 35 ans, contre 9 % des plus de 60 ans), mais aussi très liée au niveau socioculturel.

En effet, la disposition à admettre un penchant homo ou bisexuel (en moyenne à 18 % chez l’ensemble des Françaises) est plus répandue dans les rangs des diplômées de l’enseignement supérieur (25 %), des cadres et professions intellectuelles supérieures (26 %) et des femmes les plus éloignées de la religion (23 %).

Au-delà de son évolution à la hausse, l’expression du désir pour une autre femme apparaît comme une tendance particulièrement prononcée dans les catégories de la population féminine les plus jeunes et les plus diplômées, sans doute parce qu’on y observe à la fois une plus grande aptitude à se distancier des normes dominantes et une plus grande acceptation sociale de l’homosexualité.

UNE FRANÇAISE SUR DIX EST DÉJÀ PASSÉE À L’ACTE…

Le passage du fantasme à la réalité reste néanmoins limité si l’on compare le nombre de femmes ayant déjà été attirées par une personne du même sexe (24 %) avec celles qui sont effectivement passées à l’acte : 10 % parmi les femmes ayant déjà eu un rapport sexuel. On n’en observe pas moins là aussi une progression continue de l’expérience sexuelle avec une personne du même sexe par rapport à ce que l’on pouvait mesurer il y a cinquantaine d’années : 10 % en 2016, contre 4 % en 2006, 3 % en 1992 et 2 % en 1970.

Cette étude montre que, si la tendance à la bisexualité est de plus en plus marquée dans la gent féminine (en particulier chez les jeunes filles), le passage du fantasme à la réalité reste plus limité.

SOURCE :

To bi or not to bi ? Enquête sur l’attirance sexuelle entre femmes. Sondage Ifop pour Référence Sexe. Échantillon de 2000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (âge, profession de la personne interrogée, statut marital) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Ces quotas ont été définis à partir des données du recensement pour la population féminine âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont eu lieu par ques-tionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) en décembre 2016.

Retrouvez la suite de cet article dans le magazine JACQUIE ET MICHEL MAG N°4

Lire la suite

Pratiquer du sexe après combien de rendez-vous ?

Le premier casque audio sado-maso !